J'ai besoin de savoir que tu existes encore
Que tout n'était pas que le simple décor de mes errances
De mes promesses intimes
Besoin de jeter au vent l'encre inexistante de ces mots sans saveurs
A peine iodés par le goût de mes larmes retenues à chaque fois que j'ose
T'approcher
Toujours assombris par la masse nuageuse et brumeuse de mes paupières qui s'abaissent
Sur le flou humidifiant qui les nettoie enfin des poussières irritantes trop nombreuses
Beaucoup trop nombreuses pour y voir clair
Je n'ai pas besoin de savoir que tu existes encore...
Tout n'est que le simple décor de mes errances...
Pas besoin de jeter au vent mes mots sans saveurs...
Ils partent seuls...
Sans que je le sache...
N'ont plus besoin de moi...
J'ai disparu de leur vie...
Ils me manquent...
J'aimerai tant...
Qu'ils reviennent près de moi...
Se poser sur le bout de mes doigts...
Sur le bord de mes yeux...
Au creux de mes doutes...
La vie à cent à l'heure ne m'offre aucun répit
Je n'ai plus de souffle, manque d'air, oppressée
En apnée permanente
Faisant preuve de force
De détermination
De maturité
D'exigence...
Je n'assume que mes apparences, refoule mes désirs
M'enferme dans la "logique"
Où suis-je...
Je pensais qu'un jour, pour toujours, je me perdrais dans mes passions
Le sourire au lèvres et le coeur béant
Et voilà que je me perds dans la raison
Et je le sais
Et je le sens
Et je ne fais rien...
Je n'ai pas besoin que tu existes...
Tu n'existes que pour moi...
Quand je me perds, trop loin pour retrouver ma route, intérieure
Toi, mon miroir, l'alter ego de mes souffrances contenues, de mes retenues
Je ne suis que le léger écho de ta douceur
Et je n'y survie que pour garder intacte la magie de ta présence irréelle
Imaginée
Croire en toi pour ne pas me perdre...