Partager l'article ! Echouée sur une île: "La vie est un labyrinthe de sentiments dont nous nous croyons esclave alors que nous pouvons en devenir maître…pour é ...
Atypik'Eyes
Ne jamais se fier...aux apparences... tout juste...aux intuitions... tout juste...aux émotions...
Ne croyez pas savoir qui je suis.
Moi-même je me surprends chaque jour.
Chercher.
Trouver.
Découvrir.
Curiosité.
Voyage(s)...intérieur(s).
"La vie est un labyrinthe de sentiments dont nous nous croyons esclave alors que nous pouvons en devenir maître…pour éviter de
souffrir, tout simplement."
Inspiration venue d’ailleurs ce jour-là.
Inspiration venue d’une folle épopée à bord d’un navire flamboyant.
Un navire m’emportant vers des terres inconnues…perdues en pleine mer.
Comme moi.
Perdue…
Naviguant entre mers calmes et océans déchaînés.
Sur le chemin de mon Destin.
Et il me plaît d’embarquer à bord de ce navire.
Initiation à la vie.
Découverte de ses méandres.
Une manière de plus de rêver.
De vivre.
D’aimer.
Une manière de plus pour pouvoir dire avec mes mots ce que je ressens.
Pour m’exprimer et vivre.
Et pas seulement « exister »…
Moi qui restais là, perdue en pleine mer, apprenant à nager… Je viens de croiser un bateau. Le Capitaine a donné l’ordre à son équipage de me jeter une bouée. Je ne me rappelle pas avoir
hésité pour la saisir.
J’étais à bout de force… Je ne sais pas où je ferai escale. Ni si je débarquerai au prochain port. Ni si je reprendrai la mer. Peut-être mes craintes, tel un ouragan, m’emporteront encore et me
feront faire à nouveau un grand plongeon… Il faudra donc que je continue à apprendre. Apprendre à nager encore mieux. Et il ne fait aucun doute que je me retrouverai dans cette situation. C’est
la puissance de la vie, nous obligeant à chercher et trouver nos forces…en nous-même. Mais pour l’instant j’ai trouvé du repos.
On ne vient pas de me sauver la vie en me jetant cette bouée.
On m’a rendu espoir.
On m’offre la possibilité de reprendre des forces…
On panse mes blessures…
On cicatrise mes plaies…
On calme mes brûlures…
La mer, le soleil, les requins, les écueils…tout ça a laissé des traces.
La mer et son sel commençaient à se nourrir de ma peau.
Le soleil l’avait noircie…
Les requins l’avaient goûtée…
Les écueils l’avaient déchirée…
Je ne sais pas si un jour je quitterai ce navire. Je ne veux pas le savoir. Je ne veux pas connaître le futur. Chercher à l’imaginer ou chercher à le deviner. Je veux profiter de cette chance
d’être toujours en vie.
Profiter de ce que je vis.
Et il est certain que tout comme les images que je garde précieusement dans le tiroir de mes souvenirs…celui-là est sans conteste un
des plus beaux.
Je le range délicatement. Il rejoint mon phare, les lumières des chaluts en pleine nuit, la course éperdue vers la perle de lune, mon
hippocampe du ciel, l’homme vide…
Je n’ai pas la clé de ce tiroir. J’aurai trop peur de la perdre et de ne plus pouvoir l’ouvrir…
Sera-t’il assez grand pour y déposer tout ce que j’ai aimé, tout ce que j’aime et tout ce que j’aimerai encore…Oh oui ! Je le
veux tellement ! Mon tiroir est mon cœur. Et lorsque je ne l’ouvrirai plus, c’est que mon cœur aura cessé de battre… Et là je le sens battre ! Je me sens vivre !
Merci mon Capitaine. Je rejoins votre équipage fièrement, car c’est un beau voyage que vous m’offrez là. Je rejoins votre équipage en espérant ne jamais le décevoir.
Ne jamais vous décevoir.
J’ai débarqué.
Sur cette terre inconnue.
Légère effervescence de quelques âmes comme moi.
Echouées.
Echouées mais pas perdues.
Il flottait comme un air de sécurité dans ce désert aride.
Chacun menait sa vie dans un silence apaisant.
Aucuns regards ne se croisaient.
C’était le port des âmes en peine.
Mais aucune souffrance.
Je venais de comprendre…
Ceux qui étaient « déposés » ici avaient été repêchés en mer. Comme moi. Ils avaient accepté de saisir une bouée. Celle qu’on leur avait lancée. Comme moi. Saisir une chance de faire confiance en leur destin.
Ils avaient suivi un Capitaine et rejoins cette terre immense. Pour retrouver leur chemin…
Il n’y avait pas d’enfants…
Pas de couples…
Pas de familles…
Pas de « tribus »…
Pas de vie… « communautaire »…
Que des vies isolées dans un temps arrêté.
Arrêt sur image.
No past, no future.
Pause.
Pas de vie animale.
Pas de vie végétale.
Pas d’accueil.
Pas d’interlocuteur.
Seul face à soi-même.
Un seul choix : s’asseoir ou rester debout.
Je ne me demandais même pas combien de temps j’allai rester là ni comment j’en repartirai. Je savais que lorsque le moment serait venu on viendrait me chercher. Et que je retrouverai ma vie là où je l’avais laissée.
Je savais que j’y reviendrai.
Que j’y reviendrai mais transformée…